Y Combinator a accepté 0,6% des candidatures pour la promotion Summer 2025, son taux le plus bas de l'histoire. Pour un fondateur français, le chemin est plus court qu'on ne le croit, mais plus exigeant qu'on ne le dit. Concrètement : vous remplissez un formulaire en ligne (deadline tous les trois mois, YC tourne désormais sur quatre batchs par an), vous passez en visio dix minutes face à deux ou trois partners qui vous interrompent, et si vous êtes pris vous touchez 500 000 dollars contre 7% de votre capital. Trois mois à San Francisco, un Demo Day devant 2 500 investisseurs, et derrière le réseau YC à vie. Algolia, PhotoRoom, Finary, Bitstack, Bravi, Blaxel, Leadbay, Nao Labs, plus d'une trentaine de startups françaises sont passées par là. Voici la méthode.
Y Combinator en 2026 : l'essentiel avant de candidater
Le modèle : 500k$, 7%, trois mois à San Francisco
Y Combinator est l'accélérateur le plus sélectif au monde. Le deal est public et il n'a presque pas bougé depuis 2005 : vous touchez 500 000 dollars, YC prend 7% de votre capital (avec un mécanisme de SAFE en deux tranches), et vous passez trois mois sur place. À San Francisco, en présentiel, dans un programme intensif de mentorat, d'office hours avec des partners, et de pitchs face à d'autres fondateurs.
Le programme finit par le Demo Day : une slide, une minute, devant environ 2 500 investisseurs. C'est le sommet du batch, et souvent le point de départ du tour de table qui suit.
Quatre batchs par an depuis 2025 : Spring, Summer, Fall, Winter
Le grand changement récent : depuis 2025, YC tourne sur quatre cohortes par an au lieu de deux. Spring (X25), Summer (S25), Fall (F25), Winter (W26). Chaque cohorte est plus petite (140 à 200 startups financées contre 250 à 400 avant), mais les deadlines sont plus fréquentes.
Pour un fondateur français, ça change deux choses concrètes. D'abord : vous pouvez réessayer après un refus tous les trois mois, au lieu de tous les six. Ensuite : la cohorte sera plus intime. 200 personnes au lieu de 400, c'est un autre niveau de réseau.
Le taux d'acceptation actuel : 0,6% à 1%
Le chiffre populaire de "1 à 2%" est obsolète. Les batchs récents donnent ceci.
| Batch | Startups financées | Taux d'acceptation estimé |
|---|---|---|
| Spring 2025 (X25) | 144 | ~0,7% |
| Summer 2025 (S25) | 160-169 | 0,6% (record bas) |
| Fall 2025 (F25) | 157 | ~0,8% |
| Winter 2026 (W26) | 196 | ~1% |
YC reçoit des dizaines de milliers de candidatures par cycle. Le filtre principal reste la candidature écrite : elle élimine la grande majorité des dossiers dès l'entrée. Votre probabilité d'entrée se lit donc mal en moyenne générale. Elle monte ou elle chute selon la qualité de votre dossier et de votre traction.

Les startups françaises chez YC : vingt ans d'histoire en accéléré
Il existe environ trente startups françaises passées par YC depuis 2010. Trois vagues.
Les pionniers (2014-2020) : Algolia, Front, Trackin, PhotoRoom
Algolia ouvre la voie en Winter 2014. Nicolas Dessaigne et Julien Lemoine, deux ingénieurs de Nantes, font le pari. Algolia atteindra une valorisation de 2 milliards de dollars. Aujourd'hui Nicolas Dessaigne est General Partner à YC depuis 2021. Plus de 2 000 office hours au compteur, six batchs accompagnés.
Front suit en Summer 2014 avec Mathilde Collin. Boîte d'email collaboratif, valorisée 1,7 milliard en 2022.
Trackin rentre en Winter 2015 avec Bruno Didier, en solo founder, ce qui est presque un sacrilège chez YC. Histoire racontée sur Maddyness :
Une heure et demi plus tard, Michael Seibel me conseille de postuler chez YC, même en tant que solo founder. Cela serait certainement très dur mais si le développement de Trackin continuait, il pourrait revoir mon application en ligne et me donner son avis. Ce qu'il fit. Bruno Didier, Trackin (Winter 2015)
PhotoRoom clôture la première vague en Summer 2020 avec Matthieu Rouif (Polytechnique, Stanford, ex-GoPro) et Eliot Andres. PhotoRoom dépasse aujourd'hui 40 millions de téléchargements et a levé 19 millions de dollars en série A. Valorisée 500 millions en 2024. Basée à Paris.
La vague Covid (2020-2022) : Finary, Bitstack et le YC à distance
Finary intègre Winter 2021 en pleine pandémie. Mounir Laggoune et Julien Blancher font le batch en remote complet, sans poser un pied à San Francisco. Finary lèvera 37,7 millions d'euros au total, dont une série de 25 millions en 2025. Sur le souvenir de YC, Mounir Laggoune raconte :
Les fondateurs de Stripe, Coinbase et Airbnb nous ont raconté leur histoire pendant des workshops. C'était concret et inspirant. On nous a expliqué que cinq à dix entreprises de la promotion deviendraient des licornes. Et chaque semaine, on voyait d'anciennes start-up passées par YC entrer en bourse. C'était fou. Y Combinator, c'est vraiment l'incarnation du rêve américain. Mounir Laggoune, Finary (Winter 2021)
Bitstack suit en Summer 2022. Application d'épargne en bitcoins, fondée par Alexandre Roubaud. Cette fois retour au présentiel. Le batch leur permettra de lever deux millions d'euros au Demo Day.
La nouvelle génération (2025-2026) : Blaxel, Leadbay, Nao Labs, Bravi
Blaxel intègre Spring 2025 (X25). Cas rare : les six cofondateurs font le batch ensemble, alors que YC limite généralement à 1 à 4 cofondateurs présents. Vikram Vaswani écrit dans leur année 2025: "By the time YC ended, we had developed a clear vision for our business, and we eventually raised $7.3M in a seed round from First Round, Y Combinator, Liquid 2, Multimodal and others." Infrastructure pour l'ère AI.
Nao Labs rentre en Winter 2025. Christophe Blefari et Claire Gouze, fondée en décembre 2024 à Clichy. Éditeur de code IA spécialisé pour les data teams. Pas de communiqué tonitruant. Une ligne sur le batch, un créneau bien défini.
Leadbay rejoint Fall 2025 (F25). Ludovic Granger (CEO, ex-VC) et Milan Stankovic (CTO, PhD AI). Prospection prédictive B2B sur les SMB que LinkedIn et Clay manquent. 700k$ levés.
Bravi entre aussi en Fall 2025 avec Pierre-Habté Nouvellon. Et la liste continue avec Combinely, Moby Analytics, Probo, Kaelio, Lucis, Nomi, Flott HQ, Tinfoil dans la cohorte Spring 2025.
Panorama des Français chez YC

Une analyse de Mag Startup sur 29 startups françaises passées par YC entre 2010 et 2024 donne un chiffre intéressant : 100% ont survécu, mais 72% stagnent. Le YC garantit la survie et un réseau, plus rarement la croissance.
Les cinq critères de sélection YC
YC juge un dossier sur cinq critères, dans cet ordre.
L'équipe (le critère numéro un, et de loin)
YC investit dans des fondateurs, avant les idées ou les marchés. La phrase est rabâchée et elle tient. Concrètement, leur grille :
- Combien êtes-vous (deux à quatre cofondateurs est le sweet spot, le solo founder peut passer mais c'est plus dur)
- Depuis combien de temps vous travaillez ensemble
- Vos compétences techniques (au moins un fondateur doit savoir coder le produit)
- Votre track record (ce que vous avez fait avant, même si ce n'est pas une boîte)
- Votre capacité à pivoter (Airbnb avait pivoté pendant le batch, Twitch aussi)
La traction (des gens utilisent et paient)
Vous n'êtes pas obligé d'avoir des revenus pour candidater. Mais montrer que vous avez des utilisateurs qui reviennent transforme un dossier. Si vous avez 50 clients payants, dites-le tôt. Si vous avez 5 000 utilisateurs gratuits actifs, dites-le tôt. Le reste du dossier devient de la confirmation.
Le marché (TAM, vitesse, dynamique)
YC aime les marchés qui peuvent porter une entreprise à un milliard de dollars de revenus annuels. Le critère porte sur le revenu, la valorisation ne compte pas ici. Cela limite mécaniquement les niches trop étroites. Mais YC accepte aussi des marchés petits aujourd'hui s'ils grossissent vite (vertical AI, infrastructure pour LLMs en sont les exemples actuels).
Le produit (déjà en main des utilisateurs si possible)
Sans produit, ça passe rarement. Un MVP qu'on peut ouvrir et tester pèse beaucoup plus lourd. Dans les cohortes récentes, YC accepte des startups dont le produit est en bêta privée depuis trois semaines. Ils regardent la vitesse de construction autant que le résultat.
Le pourquoi : founder-market fit
La question piège : pourquoi vous, sur ce sujet ? Si vous bâtissez un outil pour data engineers, êtes-vous data engineer ? Si vous attaquez la finance B2B, avez-vous travaillé en banque ou en VC ? Avec un founder-market fit net, vous montrez que vous tiendrez la distance. Les fondateurs qui creusent ce qu'ils connaissent vont plus vite et tiennent plus longtemps.
La candidature écrite : passer le premier filtre
La grande majorité des candidatures s'arrêtent au formulaire écrit. Presque tout se joue là.
Anatomie du formulaire YC
Le formulaire YC tient en une vingtaine de questions. Les plus importantes :
- Décrivez ce que vous faites en 50 mots ou moins. Si vous ne savez pas faire ça, vous ne saurez pas faire votre Demo Day. Première impression, premier filtre.
- Pourquoi vous, pour ce problème ? Le founder-market fit explicite.
- Que faites-vous techniquement ? Comment ça marche ? Soyez concret. Pas de buzzwords.
- Combien d'utilisateurs / clients ? Combien de revenus ? Chiffres bruts, dates précises.
- Pourquoi maintenant ? Quel changement récent rend votre boîte possible aujourd'hui et pas il y a trois ans ?
- Vidéo de présentation d'une minute des cofondateurs. Caméra fixe, sans montage ni musique. Ils veulent vous voir parler. Les mêmes réflexes que pour pitcher un VC s'appliquent : clarté, preuve, zéro remplissage.
Quatre erreurs fréquentes chez les fondateurs français
Quatre patterns reviennent. Si vous reconnaissez le vôtre, réécrivez.
- Le jargon corporate. "Solution innovante", "écosystème", "plateforme synergique". Ces mots déclenchent un signal de méfiance. YC est un milieu de techniciens. Parlez technique.
- Le mode présentation PowerPoint. Les Français écrivent leur dossier comme un slide deck. YC veut une conversation. Phrases courtes, ton direct, "vous" et "nous".
- L'abstraction. "Nous voulons transformer le secteur de X". Non. "Nous avons signé sept clients dans le bâtiment qui paient 200€/mois pour Y." Le concret bat l'abstrait.
- L'omission de la traction. Certains fondateurs jugent leur traction trop faible pour mériter une ligne. Erreur. Cinq clients payants valent mieux que zéro mention. YC veut voir le mouvement autant que la taille.
Les conseils de Nicolas Dessaigne
Le seul Français General Partner à YC. Cofondateur d'Algolia (W14), il a fait plus de 2 000 office hours sur six batchs. Son conseil principal, donné dans une interview Algolia :
Mon principal conseil serait de vous concentrer sur vos clients, de les écouter et d'apprendre d'eux. Vos 100 premiers clients doivent adorer votre produit car vous résolvez un problème mieux que quiconque. Inutile de courir après tout le monde: concentrez-vous sur vos premiers clients et créez une solution parfaitement adaptée à leurs besoins. Nicolas Dessaigne, GP YC, cofondateur Algolia
Traduit dans une candidature : votre dossier doit montrer que vous parlez à vos utilisateurs. Combien d'entretiens clients ce mois-ci ? Quel enseignement a changé votre roadmap la semaine dernière ? YC cherche ces preuves.
Le pitch vidéo d'une minute : jusqu'où le soigner ?
Rendez-le clair, sans plus. Cadrage propre, lumière correcte, son audible, vous à l'image. Ni jingle, ni générique, ni incrustations. Présentez les cofondateurs, dites ce que vous faites, montrez le produit si possible. Soixante secondes. Les cinq premières secondes : votre nom et votre activité. Le reste : pourquoi vous.
L'interview YC : dix minutes, quarante questions, zéro pitié
Si vous franchissez le filtre écrit, vous rejoignez la minorité de candidats qui passent en interview. À ce stade, vos chances remontent nettement.
Le déroulé réel de l'entretien
Dix minutes, deux ou trois partners, en visio sauf cas particulier. Ni présentation ni slides : que des questions, en rafale. Alexandre Roubaud, fondateur de Bitstack (Summer 2022), décrit :
On doit répondre à une quarantaine de questions en vingt minutes. Selon une rumeur, il ne faut pas dépasser six secondes par réponse. Alexandre Roubaud, Bitstack (Summer 2022)
Retenez le ratio : quarante questions en vingt minutes pour Bitstack, dix à quinze minutes pour les batchs récents. C'est rapide, c'est dense, et c'est conçu pour voir comment vous réagissez sous pression. L'exercice vous teste plutôt qu'il ne vous met en valeur.

Les questions types
À préparer en priorité :
- Que faites-vous (en une phrase)
- Pourquoi vous (founder-market fit)
- Combien de revenus, combien de clients, depuis quand
- Quelle est votre traction mois sur mois
- Pourquoi maintenant
- Qui sont vos concurrents et en quoi vous êtes différents
- Quel est votre prix et comment vous l'avez fixé
- Combien de mois de trésorerie devant vous
- Si on vous donne 500k$, sur quoi vous les mettez en priorité
- Quelle est votre roadmap produit sur six mois
- Que feriez-vous si Google sortait un produit identique demain
Les partners testent votre clarté, votre rapidité de raisonnement, votre honnêteté. Ne brodez pas. Si vous ne savez pas, dites-le et donnez votre meilleure hypothèse.
Comment se préparer : mock interviews, alumni, anti-pitch
Trois choses, dans cet ordre.
Mock interviews avec des alumni YC. Ils connaissent les questions, ils connaissent le rythme. Si vous n'avez pas de réseau alumni, le Reddit r/ycombinator a régulièrement des fils de fondateurs prêts à aider. Bruno Didier de Trackin l'avait fait avant de partir : "Pour bien me préparer, j'ai rencontré 3 jours avant mon interview des YC alumnis qui ont eu la gentillesse de me donner un peu de leur temps."
Anti-pitch. Listez les vingt questions les plus dures qu'on peut vous poser. Celles qui démolissent votre projet. Préparez une réponse de quinze secondes pour chacune. Le jour J, peu importe ce qu'on vous demande, une de vos vingt réponses sera utile.
Six secondes par réponse. Entraînez-vous à répondre court. La règle non-officielle des six secondes circule entre fondateurs passés par là, sans venir de YC. En vous y tenant, vous éliminez le bavardage.
Que faire quand on se fait démolir
Ça arrive. Vous serez interrompu. On vous dira que votre idée est mauvaise. Roubaud raconte :
Ils ont commencé sans nous dire bonjour. Dès la première question, ils nous ont coupés pour nous expliquer que notre solution était vouée à l'échec. On s'est fait démolir pendant vingt minutes. Malgré cet entretien en apparence catastrophique, l'issue est favorable pour Bitstack: à la fin, Michael Seibel, le cofondateur de Twitch, nous dit qu'il a une dernière question et nous demande si on veut rejoindre la prochaine promotion. Alexandre Roubaud, Bitstack
L'interview catastrophique peut être l'interview gagnante. Les partners testent votre résistance. Tenez vos positions, défendez vos chiffres, ne vous excusez pas. Mais écoutez aussi : certaines critiques sont fondées. Une réponse parfaite combine "voici pourquoi vous avez tort sur ce point précis" et "voici ce que j'ai appris quand j'ai testé l'autre approche".
Les contraintes propres aux fondateurs français
Trois sujets commandent votre calendrier : le Delaware flip, le visa et vos investisseurs français.
Le Delaware flip : pourquoi YC l'exige et comment le faire proprement
YC investit via une SAFE en droit américain. Cela suppose que votre boîte soit incorporée aux États-Unis, en Delaware en pratique. Si votre SAS est française, il faudra faire un Delaware flip : votre SAS devient une filiale d'une C-Corp Delaware nouvellement créée.
L'opération passe par des avocats américains spécialisés (Wilson Sonsini, Cooley, Gunderson Dettmer sont les classiques) et se chiffre en dizaines de milliers de dollars. Comptez 4 à 8 semaines. YC vous met en relation avec ses avocats habituels une fois admis. Traitez-la comme un projet juridique à part entière, à lancer tôt.
Conséquence importante : vos investisseurs français pré-YC (BA, BSA-AIR, etc.) doivent accepter de basculer leur participation dans la nouvelle C-Corp. Ce qui suppose de les avoir bien briefés en amont.
Le visa : O-1, B-1, et la question des trois mois
Le programme dure trois mois en présentiel à San Francisco. Pour un Français, cela signifie :
- B-1 (visa business) pour la durée du programme. Possible mais limité, ne permet pas de salaire US.
- O-1 (talents extraordinaires) sur le moyen terme si vous restez après le batch. Long et cher, à lancer bien avant la fin du programme.
- ESTA pour les courts allers-retours, valable 90 jours par voyage.
Anticipez. Les fondateurs qui galèrent avec leur visa pendant le batch perdent un mois sur trois. Soris Avocats, cabinet français spécialisé YC, recommande de lancer l'O-1 dès que vous savez que vous êtes pris.
Vos investisseurs français avant YC : comment les gérer
Si vous avez déjà levé en France (BA, fonds, BSA-AIR), trois règles.
- Briefez-les avant de candidater. Pas après. La perspective d'une dilution YC + Delaware flip surprend toujours quand on n'a pas prévenu.
- Calculez la dilution post-YC. YC prend 7% sur 500k$ (techniquement : 125k$ pour 7% via SAFE post-money + 375k$ via SAFE uncapped MFN). Si vous prévoyez de lever 5M$ après le Demo Day, calculez votre cap table cible et montrez-la à vos investisseurs FR.
- Préparez le Delaware flip côté FR. Votre SAS reste, mais devient filiale. Comptable et avocat français doivent être au courant pour gérer les déclarations.
Faire YC à distance : l'option Covid n'est plus la norme
Pendant le Covid, plusieurs batchs ont été 100% en remote (Finary W21 par exemple). Depuis 2022, YC est repassé au présentiel obligatoire. Vous devez être physiquement à San Francisco trois mois. Pas négociable.
Quelques très rares exceptions sont accordées (problème de visa imprévu, situation familiale critique), mais elles sont l'exception, jamais la norme attendue. Si vous postulez en pensant rester à Paris, ne postulez pas.
Après YC : le Demo Day et la levée
Trois mois passent vite. La fin du batch ouvre la phase la plus dense : le Demo Day, puis le tour de table.
Comment se prépare un pitch d'une minute devant 2 500 investisseurs
Le Demo Day est l'objectif technique du batch. Une slide. Soixante secondes. Pas une de plus. Vous présentez votre boîte à 2 500 investisseurs en simultané (en visio depuis 2024, ce qui démultiplie l'audience).
Mounir Laggoune le résume bien :
C'est un peu l'objectif final du programme. On se rend compte à quel point on peut dire beaucoup de choses en une seule slide. Ce jour-là, le rapport de force avec les investisseurs est inversé. C'est eux qui sont en concurrence et qui viennent nous parler. Mounir Laggoune, Finary
Préparation: vous écrivez votre pitch dès la semaine 1 du batch. Vous le réécrivez vingt fois. Vous le testez devant les autres fondateurs et devant vos partners. Le jour J, vous avez répété cinquante fois.
Les levées des Français après leur batch
| Startup | Batch | Levée post-Demo Day | Détails |
|---|---|---|---|
| Finary | W21 | 2M€ + 8M€ série A | 37,7M€ levés au total (2025: 25M€) |
| Bitstack | S22 | 2M€ | Série suivante en cours |
| PhotoRoom | S20 | 19M$ série A (2022) | Valorisée 500M$ en 2024 |
| Blaxel | X25 | 7,3M$ seed | Mené par First Round + YC |
| Algolia | W14 | 18,3M$ série A en 2015 | Valorisée 2,25Md$ |
YC continue souvent à participer aux tours suivants. Pour Finary et Bitstack, YC a remis au pot lors des séries A et B.
Le réseau YC à vie
Les fondateurs, anciens et nouveaux, ouvrent Bookface (l'annuaire fermé de YC) tous les jours. Vous y accédez directement à plus de 5 000 alumni pour :
- Recommandations clients (B2B en particulier)
- Recrutement (les fondateurs YC s'embauchent entre eux)
- Conseils techniques (LLMs, infra, data, légal)
- Intros investisseurs (souvent décisives sur une série A)
Ce réseau pèse souvent autant que le chèque dans la décision de faire YC plutôt qu'un autre financement.
Les alternatives à YC pour fondateurs français
YC reste une porte parmi d'autres. Les options sérieuses :
YC Startup School : la version gratuite et en ligne
YC propose Startup School gratuitement. Cours en ligne avec Sam Altman, Paul Graham, Michael Seibel et autres. C'est l'enseignement YC sans le financement ni le réseau. Un excellent pré-requis pour candidater au programme officiel. Faites-le si vous n'avez encore jamais touché à YC.
Les accélérateurs US ouverts aux Français
- Antler : accélérateur global, présent à Paris depuis 2023. Plus accessible que YC, capital plus modeste (~125k$).
- Techstars : multiples programmes (Boulder, NYC, Berlin). Chaque programme a sa thèse.
- HF0 (Hacker Fellowship Zero) : résidence intensive 12 semaines à SF, pour fondateurs early-stage très techniques. Plus petit, plus sélectif sur le profil tech.
Les programmes français
- Station F : le campus qui héberge les programmes plutôt qu'un accélérateur en soi (Founders Program, Fighters Program, etc.)
- eFounders (devenu Hexa) : studio qui cofonde des SaaS B2B. Modèle différent, ils vous trouvent un cofondateur et vous accompagnent sur 24 mois.
- The Family (a fermé en 2022)
- Sista : réseau et programme dédié aux femmes fondatrices.
Quand candidater à YC, et quand ne pas le faire

Candidatez à YC si :
- Vous êtes au moins deux cofondateurs (ou solo avec une traction exceptionnelle)
- Au moins un cofondateur sait coder le produit
- Votre MVP tourne et se teste
- Vous avez démarré (même 5 utilisateurs payants) ou êtes prêt à pivoter vite
- Vous êtes prêt à déménager 3 mois à San Francisco
- Vous êtes prêt à céder 7% du capital
- Vous acceptez le Delaware flip et ses contraintes
Ne candidatez pas à YC si :
- Vous voulez rester à Paris pendant le programme
- Votre marché est strictement français (réglementation, langue forte)
- Vous refusez la dilution US ou la C-Corp
- Vous candidatez sans cofondateur technique et sans alternative
- Vous n'avez ni produit ni traction et vous attendez que YC vous "valide" l'idée
swanbase accompagne des fondateurs early-stage sur le long terme, depuis son local du 2e arrondissement de Paris et en remote. L'accompagnement coûte 0 €, se fait sur candidature, et swanbase prend de l'equity.
FAQ
Combien Y Combinator investit-il, et pour quelle part du capital ?
YC investit 500 000 dollars par startup. La structure est en deux SAFEs : 125 000 dollars contre 7% du capital (post-money) et 375 000 dollars en SAFE uncapped MFN (Most Favored Nation), qui prendra le prix du tour suivant. La dilution finale dépend donc de votre prochaine levée. En pratique, prévoyez 7 à 12% de dilution totale post-YC.
Peut-on faire Y Combinator à distance en 2026 ?
Non, sauf cas exceptionnel. La période 2020-2021 (Covid) a vu plusieurs batchs entièrement en remote, dont Winter 2021 où Finary a fait son YC depuis Paris. Depuis 2022, YC est revenu au présentiel et n'accepte plus le remote comme norme. Quelques exceptions sont accordées pour des situations imprévues (visa, urgence familiale).
Que faire si ma candidature à Y Combinator est refusée ?
Recandidatez. YC encourage explicitement la réapplication. Avec quatre batchs par an depuis 2025, vous pouvez retenter tous les trois mois. Des fondateurs YC ont été refusés une à trois fois avant d'être pris (Brian Chesky d'Airbnb a été refusé deux fois). Entre deux candidatures, attaquez les points faibles signalés ou déduits du refus : traction insuffisante, équipe incomplète, marché trop niché. Un refus YC signale surtout ce qu'il vous reste à construire.
Combien coûte Y Combinator pour un fondateur français ?
YC en lui-même ne coûte rien (il vous paie). Le passage implique en revanche des coûts annexes pour un Français : Delaware flip et frais juridiques américains, visa O-1 si vous restez après le batch, logement à San Francisco pendant trois mois, vols et déplacements. L'addition se compte en dizaines de milliers de dollars. Anticipez-la dans votre cash burn dès la candidature, car aucun de ces postes n'est couvert par le chèque YC.








